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De battre mon coeur s'est arrêtéDe Jacques Audiard (France, 2005, 1h50) Avec Romain Duris, Niels Arestrup, Linh-Dan Pham, Emmanuelle Devos… Compétition Berlinale 2005 Synopsis : A 28 ans, Tom semble marcher sur les traces de son père dans la branche immobilière, c’est-à-dire en poussant toujours plus loin les limites de la légalité pour engendrer le profit : magouilles, délogement musclé de locataires indésirables et négociations financières impitoyables forment son quotidien. Une rencontre fortuite le pousse à croire qu’il est encore temps pour lui de devenir autre chose, et plus précisément le pianiste concertiste qu’il rêvait d’être, à l’image de sa défunte mère. Sans cesser ses activités, il prépare une audition. Critique : Le cinéma de Jacques Audiard, amené et dialogué d’une manière à la fois loufoque, tragique et savamment composite, s’est toujours voulu ambitieux, parfois même péremptoire, comme avec « Une héros très discret ». Il semble aujourd’hui que ce réalisateur ait enfin trouvé la bonne mesure, et surtout une très bonne intuition au niveau du casting, pour permettre à son formalisme de se mettre au service d’un « grand sujet » et non d’un récit qui soit seulement un peu malin. A travers le périple de Tom, salaud ordinaire conditionné par le matérialisme de son époque, qui trouve cependant l’occasion d’un salut dans l’apprentissage du piano, Jacques Audiard trouve les éléments d’un imparable, puissant et moderne récit de rédemption, calqué sur les films violents et urbains de Martin Scorsese (notamment « Mean Streets » et « Taxi Driver »). Même si, pour sa part, il cite plus volontiers le très mineur « Fingers » de James Toback. Son film est le remake de cette fiction de deuxième catégorie interprétée par Harvey Keitel, un remake sans doute entrepris avec la certitude de dépasser l’original.A ce titre, le cinéma de Jacques Audiard se situe nettement au-dessus de la kyrielle de films français, perclus de références au film noir américain pour mieux masquer leur inconsistance. « De battre mon cœur s’est arrêté » bénéficie d’une intrigue dont les contours et les enjeux se dessinent peu à peu, pour mieux servir le jeu de comédiens qui ont rarement été meilleurs, en particulier Romain Duris. Si celui-ci est surreprésenté dans le paysage cinématographique français, il est injustement sous-évalué. Avec le personnage de Tom, Jacques Audiard dessine aussi le portrait, frappant de précision, d’un milieu affairiste français. Un milieu raidi par la course aux profits et la morgue qui s’y rapporte, symptomatiques d’un climat hexagonal de moins en moins démocratique. Un monde du travail aussi, sur le terrain duquel le cinéma français s’aventure finalement assez peu (ou alors sous l’angle de la comédie ou du constat social), préférant radiographier le quotidien français par le prisme du couple ou de la cellule domestique. Julien Welter ------------------------ De battre mon coeur s'est arrêté De Jacques Audiard (France, 2005, 1h50) Avec Romain Duris, Niels Arestrup, Linh-Dan Pham, Emmanuelle Devos… Compétition Berlinale 2005 Sortie du 16 mars 2004
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