À Naples, Ferrando et Guglielmo, deux amis, se vantent des perfections de leurs fiancées respectives, les deux soeurs Dorabella et Fiordiligi. Mais leur aîné Don Alfonso, qui se targue de philosophie, se moque d’eux : la femme fidèle, leur assure-t-il, n’existe pas. Aussi propose-t-il un stratagème : les deux galants feindront d’être appelés au loin par leurs devoirs militaires et reviendront, déguisés, mettre la vertu de leurs bien-aimées à l’épreuve, en courtisant chacun la fiancée de l’autre…
Plénitude
“Chez Chéreau, rien n’est abstrait. Tout est incarnation. Ô miracle : c’est cela même qu’il faut à Mozart. Des corps qui souffrent et des regards qui parlent (…). Passer en revue le mérite individuel des artistes qui composent cette dramaturgie étourdissante, c’est détailler les ingrédients d’une recette dont la seule main du chef exprime les saveurs secrètes. C’est aussi faire bon marché de tout ce qui s’installe entre les chanteurs.
Les regards de Dorabella à Ferrando, les mains qui se touchent et se lâchent, le pas réglé des duos et des ensembles, la pertinence picturale de certaines scènes, l’intensité palpable qui noue mystérieusement la scène et la fosse dans ce qui apparaît comme une quintessence dramaturgique – (…) C’est là que les chanteurs se surpassent et nous marquent. Leur voix émane de cette présence que Chéreau leur permet de conquérir. Le tout se coule dans une plénitude de théâtre où le chant est aboutissement et réalisation.”
(Sylvain Fort, www.forumopera.com)