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"Notre objectif sera atteint quand l’orchestre pourra jouer dans tous les pays dont les musiciens sont originaires. Ce concert à Ramallah est un grand pas dans cette voie" - Daniel Barenboïm
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Un artiste désireux, par son action, de conforter la société civile.
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Conférence de presse avec Daniel Barenboïm
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Passages manquants
A la conférence de presse de Paris, la version projetée du documentaire était une version raccourcie; Daniel Barenboïm explique en quoi ces passages coupés étaient indispensables à la compréhension du propos. Jérôme Clément s'engage à diffuser la version intégrale du film sur ARTE.
Daniel Barenboïm : Le film vraiment est coupé. Je dis ça avec toute la gratitude pour le fait qu’ARTE se soit tellement engagé, et je connais très bien les problèmes de temps, mais je dis que le film a été coupé parce qu’il manque des séquences très importantes, pas seulement celle de la Knesset, qui font qu’il y a certains aspects qui sont exclus.
Par exemple, dans le film dans sa version complète, il y a toute une discussion à Weimar en 1999 sur les camps de concentration. C’est une petite conférence qu’Edward Saïd avait donnée sur le mal dans l’être humain, où il a souligné que Weimar était le symbole du meilleur et du pire de l’Allemagne. Ça voulait dire que Weimar, la ville de Goethe et de tous les grands penseurs et musiciens allemands, est aussi à seulement 5 kilomètres de distance du camp de concentration de Buchenwald. Et Edward Saïd, le seul qui était capable de parler devant 80 jeunes - il y avait des israéliens, des arabes de tous les pays et des allemands - leur disait que lui, en tant que Palestinien, il trouvait que c’était essentiel qu’il y ait une visite collective au camp de concentration de Buchenwald. Et ça c’est montré dans le film.
C’est un extrait qui me manque beaucoup ici parce que de voir la tension, mais aussi la sensibilité, de voir comment les cerveaux des Allemands et des Arabes s’ouvrent, et voir qu’en effet, si il avait eu des jeunes comme ceux qui étaient là ce jour-là, de la Syrie ou de la Palestine, avec les Juifs en Allemagne ce jour-là, ils auraient aussi été exterminés dans les chambres de gaz.… Je ne peux qu’exprimer mon souhait en espérant qu’un jour… Vous m’excuserez si je parle vraiment du cœur, ce n’est pas un manque de gratitude, tout le contraire, mais vous savez c’est comme si on jouait une symphonie et qu’il y a un passage d’une beauté toute particulière qui est enlevé.
Jérôme Clément : Vous avez tout à fait raison de le dire. On trouvera une solution. Je vous donne ma parole qu’on trouvera une solution pour diffuser le film intégral. Simplement les espaces de grille sont toujours très compliqués, et comme on diffuse un portrait de vous la semaine d’avant dans lequel il y a déjà des scènes qui durent, c‘est un peu compliqué…
Daniel Barenboïm : Il ne s’agit pas de moi. Moi je préfèrerais que vous annuliez la diffusion de mon portrait, c’est pas pour avoir plus de temps sur ma tête, elle n’est pas si belle !…
Jérôme Clément : Non, non, on trouvera une solution, on diffusera le film intégral.
Vidéo (1/7) (5'08"; Real vidéo)
........................... Daniel Barenboïm parle... les autres articles :
Introduction
Un projet libre
Irremplaçable Edward Saïd
Un mur entre musique et politique ?
Le concert de Ramallah, événement humain
Courage civil et impact médiatique
La musique et la vie
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