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02 juillet 2005 à 00h00

02.07.05 - 0.00 : metropolis

Jean-François Sivadier - La Mort de Danton



La pièce, écrite en 1834 par le dramaturge allemand Georg Büchner, "La Mort de Danton" a été souvent programmée au festival d’ Avignon. Mais Jean-François Sivadier en donne cette année une mise en scène tout à fait nouvelle. Il ne s’agit plus cette fois d’un drame historique où le spectateur est sommé de rejuger le condamné à mort, mais de montrer l’écoulement du temps dans l’esprit d’un être privé d’avenir. Et nous, spectateurs, nous voyons concrètement le temps vide de sens, nous assistons à la fuite de l’instant.



Voir un extrait du reportage (real video - 2mn48)

Comme dans sa pièce précédente, « Italienne avec orchestre » Jean-François Sivadier, avec « La Mort de Danton », poursuit un seul et même projet : démonter les mécanismes de la puissance politique du verbe.

Jean-François Sivadier :"Georg Büchner a écrit la pièce pour interroger son propre rapport à la révolution, à toutes les formes de révolution. En interrogeant les grandes figures de la Révolution française, il veut surtout essayer de savoir comment l’homme se comporte dans la révolution. Il s’est surtout attaché, en médecin qu’il était, à pratiquement ausculter le corps, les âmes, les paroles de ces gens-là, de l’intérieur. Après, il raconte une période très particulière de la Révolution française qui est la période de la terreur, le moment où la parole prend le pas sur les actes, et où la révolution commence à devenir plus que le théâtre d’elle-même. Elle commence à perdre son sens, et, c’est le moment où tous ces gens qui ont travaillé ensemble à un combat, qui à un moment donné ont tous regardé dans la même direction, commencent à se regarder les uns et les autres. Et commencent à perdre le sens de leur combat.
Il y a une histoire d’amour entre, on pourrait dire, entre Robespierre et Danton, entre tous les gens qui ont fait cette révolution, c’est un mouvement amoureux qui les a réunis, et c’est un mouvement de déception amoureuse énorme, terrifiante, qui les sépare.

Si la pièce peut toucher le public aujourd’hui, c’est parce qu’on sent dans la pièce avec la vitalité de la langue, entre autre, et la force de Büchner, qu’il a une foi en l’homme et en la révolution, et qu’il pose la question de la déception de la révolution. Qu’il essaye d’analyser pourquoi ça n’a pas marché, et qu’est-ce qu’il faudrait faire pour que ça marche. J’aime bien l’idée qu’on demande au public de penser quelque chose de ce qu’il voit tout le temps, donc, d’avoir un regard critique, et d’être à côté des acteurs en train de regarder l’œuvre.

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En Avignon
La Mort de Danton
de Georg Büchner
Mise en scène : Jean-François Sivadier
Avec : Marc Bertin, Nicolas Bouchaud, Stephen Butel, Marie Cariès...
dans la nouvelle traduction de Jean-Louis Besson et Jean Jourd’heuil
du 8 au 16 juillet
Lycée Saint-Joseph
Avignon
>> En savoir plus

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Metropolis
Un reportage de Guy Demoy
Samedi 02 juillet 2005 à 00h00
Rediffusion le 03 juillet à 18h05
Rédaction: Online Production
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Mise à jour: 01/07/05 | Retour en haut de page |

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