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Entretien exclusif avec André S. Labarthe à l'occasion de la rétrospective de 60 des ses films au festival Côté Court de Pantin (10 - 21 juin 2008) et de la sortie de "Happy end" (accords perdus 2) aux éditions Limelight.
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Sortie du 23 juillet 2008
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Night & Day
Un film de Hong Sangsoo
Un « Conte d’été » selon l’auteur de « La Femme est l’avenir de l’homme ».

De Hong Sangsoo (2008, Corée, 2h25) Avec Kim Young-Ho, Hwang Soo-Jeong, Park Eun-hye
Sélection Berlinale 2008
Synopsis : Dénoncé par un quidam après avoir fumé de la marijuana, Sung-nam, un peintre, prend la décision de quitter son pays afin de fuir les représailles. Il atterrit à Paris, puis se rend dans le quatorzième arrondissement de la ville où il trouve refuge dans une maison d’hôtes tenue par un coréen. Nous sommes en août et la ville est déserte. Notre artiste n’a rien d’autre à faire que de se promener aux alentours ou appeler sa femme restée au pays. Sa route croise pourtant celle de plusieurs femmes, toutes séduisantes et de nationalité coréenne.
Les vidéos de la 58ème Berlinale : interview de Kim Youngho
Critique : Peut-on apprécier un supplément de tendresse de la part de Hong Sangsoo sans le soupçonner d’édulcorer son propos ? C’est la question posée en préambule à ce voyage rocambolesque où, dès le départ, l’absurdité de la décision du peintre Sung-nam est signifiée par le caractère ironique des intertitres. A Paris, dès son arrivée à Roissy, on intime à l’artiste de se méfier, en particulier de l’aura dont la ville se prévaut toujours aux yeux des visiteurs. Celui-ci ne peindra d’ailleurs pas, mais passera son temps aux terrasses des cafés, ou sur le trottoir comme un cousin du héros infortuné du « Signe du Lion » (1959), le premier long métrage d’Eric Rohmer dans lequel Jess Hahn, un désœuvré, se retrouvait à errer dans les rues de la capitale française, de plus en plus désargenté et incapable d’emprunter à ses amis partis loin, en vacances. Ce n’est pas la première fois que le cinéma de Hong Sangsoo, pourtant bien plus porté sur la picole et la verdeur du langage, est comparé à celui du maître français, et le surplace de Gaspard, incarné par Melvil Poupaud dans « Conte d’été » (1996), se confond également avec celui de Sung-nam, piéton sur les traces de plusieurs jeunes femmes.
Réticent à l’idée de se servir d’un ordinateur et attaché à son amour des cigarettes et du vin rouge, Sung-nam est une figure anachronique perdue dans un espace temps, celui de la morte saison parisienne. C’est un purgatoire pour le prétendu renégat et Hong Sangsoo se plaît à distendre la durée, à désarticuler la plupart des séquences comme s’il nous projetait ses rushes. Il plonge tranquillement son héros irrésolu dans un entre-deux. Depuis « Les Cahiers de Malte Laurids Brigge » de Rainer Maria Rilke, peu de choses ont changé. Paris est terre d’angoisse et de solitude pour l’esthète. Mais l’humour acéré et le sens de l’ironie cher à l’auteur de « Turning Gate (2002) font entendre leur voix et le caractère accessible de ce nouveau film y prédispose au lieu de l’empêcher.
Julien Welter
........................................ Night And Day (Bam gua Nat) République de Corée, 2008, 145 min Réalisateur : Hong Sangsoo Avec Kim Youngho, Park Eunhye, Hwang Soojung ........................................
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