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Mysterious SkinUn film de Gregg Araki Venise 2004 - Orrizonti Synopsis : A huit ans, Brian Lackey se réveille dans la cave de sa maison, le nez en sang, sans aucune idée de ce qui a pu lui arriver. Sa vie change complètement après cet incident : peur du noir, cauchemars, évanouissements. Dix ans plus tard, Brian est certain d’avoir été enlevé par des extraterrestres et pense que Neil pourrait avoir la clef de l’énigme. Neil Mc Cormick est un outsider à la beauté du diable, une petite frappe dont tout le monde tombe amoureux mais qui ne s’attache à personne. Il regrette encore la relation qu’il avait établi avec son coach de base-ball quand il avait huit ans. Brian tente de retrouver Neil pour dénouer ce mystère qui les empêche de vivre… Critique : Des flocons de céréales aux couleurs pastels tombent au ralenti sur le visage extatique d’un petit garçon. Dès la première image, le ton est donné : l’enfance est dans la ligne de mire, visée par la subversion et la controverse. Gregg Arraki s’attaque pour la première fois à l’adaptation d’un roman, « Mysterious Skin » de Scott Heim, assez proche de son univers peuplé d’outsiders déjantés et d’extraterrestres de carton-pâte. La sexualité y semble dans un même instant à son paroxysme et noyée dans la réalité la plus crasse. Mais cette fois, le sujet abordé rend le film moins drôle, d’une noirceur quasi- insoutenable.
A l’instar de dernier film fascinant d’Asia Argento « The Heart Is Deceitfull Above All Things… » présenté à Cannes cette année et d’un autre film présenté à Venise en compétition cette année, « Palindromes » de Todd Solondz, ce film aborde en coup de poing la question de la pédophilie et de ses conséquences les plus retorses. Le cadre en est encore une fois cette banlieue américaine carrée à l’apparence proprette peuplée par une classe moyenne qui cache ses névroses les plus redoutables et indicibles derrière des petits jardins au carré et des catalogues Walmart. Ici le mystère de l’enfance s’oppose à la réalité la plus brutale. Neil, petit garçon, est « séduit » par le sculptural coach de base-ball qui sort tout droit d’un dessin de Tom of Finland. Celui-ci l’emmène dans sa maison remplie de jeux vidéos, de jouets, aux placards pleins de chocolat et de céréales. Evidemment, l’après-midi de jeu dérape très vite et les images du générique prennent soudain un goût de sang. En utilisant très souvent la caméra subjective et les visages filmés en très gros plans, Arraki évite le voyeurisme, la frontalité d’un acte infilmable et place le regard dans une position d’empathie ultra-violente avec l’enfant. En contre-point il y oppose un certain lyrisme, une poésie décalée : la neige qui tombe à l’improviste dans un parc, de la tendresse et de l’amitié sur fond de musique éthérée composée par les Cocteau Twins. Mais la poésie n’empêche pas le choc et cette « peau mystérieuse » est presque insupportable à toucher. Delphine Valloire ------------ Mysterious Skin (USA, 2004, 99 mn) De Gregg Araki Avec Joseph Gordon-Levitt, Brady Corbett, Michelle Trachtenberg, Bill Sege Venise 2004 - Orrizonti
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