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Etrangère dans ce monde
J'ai voyagé à travers l'Orient et l'Occident
Sans trouver ma patrie
Kamilya Jubran : "Je cherche des textes qui ont un engagement ou un regard vrai, honnête sur ce qui se passe, je m'intéresse à cela aussi : Qu'est ce qu'on écrit aujourd'hui ? Qu'est ce que les écrivains ont à dire ? Les écrivains arabes, mais pas seulement arabes, les écrivains du monde entier.Par exemple : Paul Shaoul, c'est un poète libanais que j'ai rencontré en Jordanie il y a trois ans. Lui, il écrit beaucoup sur la torture que la guerre civile au Liban a fait subir aux gens. Ce sont des textes, - des "délires" même - de douleur ou de souffrance qui déchirent l'être humain."
Tout ce qui enivre l'âmeet la porte à l'extase
est enfanté par nos mouvements
Kamilya Jubran : J'ai commencé à voyager avec mon groupe Sabreen, en Palestine, à Jérusalem, on a fait plusieurs pays, on a tourné un peu partout. Je me suis rendu compte que j'aime bien partir, j'aime bien sortir de chez moi, j'aime bien traverser les barrières, sortir de cette prison, de cet enfermement. Cela me donne cette possibilité de rencontre, de penser librement, de voir les choses avec de la distance et puis de rencontrer des gens comme Werner Hasler.
Je pense que le cœur du problème se présente lorsqu’ on parle du genre de relation qu'ont les Palestiniens avec l'Etat d'Israël. Ces relations ne sont pas bonnes, elles ne sont pas bien, ce sont des relations d'ennemis, malheureusement. Je crois qu’il faut un mouvement civil des deux côtés, parce qu'à travers la politique, cela ne marche pas. Pour l'instant, c'est dur, ce n'est pas juste pour personne, personne n'y trouve son compte. Il faudrait le faire autrement. Je ne sais pas comment. Il faut casser cette barrière du manque de confiance, il faut créer de la confiance à nouveau, je ne sais pas comment. Je suis sûre qu'il y a des groupes qui travaillent sur place et qui essaient des deux côtés de faire ce rapprochement. C'est un travail de fourmi, mais peut-être que c'est cela, la solution."
Reportage: Evelyn Herber, Frédéric Bak, Marc Reichert, M. Boetsch
Une courte biographie de Kamilya JubranKamilya est née à Akko, également appelé Saint-Jean-d'Acre, en Galilée en 1963, dans une famille d'artistes. Son père, Elias Jubran, est un luthier et un joueur d'oud, le luth arabe. Il reçoit ses élèves à la maison. Dans cette atmosphère musicale, Kamilya commence à l'âge de 4 ans à apprendre le répertoire arabe classique égyptien, à la voix puis aux instruments, le canoun et l'oud. A 19 ans, elle rejoint le jeune groupe palestinien Sabreen, où elle restera jusqu'en 2002, tournant dans de nombreux pays, enregistrant quatre albums et fondant un studio de production à Jérusalem. En France aujourd'hui, elle se rend souvent en Suisse pour travailler avec Werner Hasler, un musicien électronique avec lequel elle mène ses recherches actuelles. Elle travaille sur les rencontres entre les sons acoustiques de ses chants et de son oud avec le jazz, la musique électronique, l'improvisation. Vivre à Paris lui permet aussi de rencontrer d'autres artistes et intellectuels arabes en exil.
(Sources: Les douleurs du Proche-Orient dans la musique de Kamilya Jubran - Article dans le monde; Kamilya Jubran, une autre voie palestinienne - Article dans l'Humanité.)
Liens
>> Le site de Kamilya Jubran>>> avec audios, une biographie (en anglais), des articles de presse...
>> Photos d' Oliver Gassner (©)
>> Le site des Sabreen Association for artistic development
Café théâtre Le pois chiche
Avenue de Morges 119
1004 Lausanne
>> Le site du Le Pois Chiche
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