Programmes Histoire & Société Art & Musique Cinéma & Fiction Connaissance & Découverte

Concerto 1 et 3
Après trois disques consacrés au piano seul, Lugansky a enregistré en 2003 Rachmaninov en compagnie de l’orchestre de Birmingham.

Sélection CD
Chaque jeudi les nouveautés !
- Jazz
- Pop/Rock/Electro
- Classique

Interview
Discographie
Concerto 1+3
Concerto 2+4
Quiz

Sergej Rachmaninov



"Concerto pour piano 2 et 4"

Il aura fallu deux ans au pianiste Nikolai Lugansky pour venir à bout de son intégrale des Concertos de Rachmaninov. Avec son dernier enregistrement des concertos pour piano 2 et 4, il nous propose une lecture qui frappe par sa force expressive et sa très grande cohérence.

Concerto pour piano n°2
Concerto pour piano n°4

Nul débordement dans le jeu de Nikolaï Lugansky, à peine plus d’effets. Pourtant, lorsqu’il déroule les accords obsédants du deuxième concerto, on sent qu’un drame se prépare, drame qu’il serait vain de réduire à une simple métaphore sentimentale. En revanche, la dialectique qui se déploie entre le piano et l’orchestre dans le premier mouvement suggère une autre parabole : un homme aux prises avec le flot ininterrompu de ses représentations secrètes, submergé par la masse de ses souvenirs…

Cette lutte entre deux instances à la fois similaires et dissemblables a quelque chose à voir avec les structures de la psyché dont les frontières flottantes s’estompent parfois à la faveur de la nuit. On pourrait ainsi avancer que la justesse de cette musique est due à son côté « journal intime », roman par essence honnête puisqu’il tient autant de l’auto-analyse que du récit sublimé.
Toujours est-il qu’entre les déchirements personnels de ce deuxième concerto et les traumatismes de la grande guerre qui précède l’écriture du quatrième, ce « miroir de l’âme » forme lien et conditionne à son tour la réussite ou l’échec d’une interprétation.

On peut sans peine imaginer que Lugansky, au-delà de ses points de vue d'ordre strictement musical, a cherché en lui-même ce supplément de sens – objet central et néanmoins caché – pour construire sa propre lecture. Impossible d’expliquer autrement le sentiment d’évidence qu’elle procure, et surtout la formidable intensité du piano, toujours juste en toute œuvre, en tout lieu. L’ouverture du deuxième concerto est à ce titre particulièrement parlante : on ne calcule ni ne pense un tel crescendo, il ne peut que surgir ! Et cela en dit long sur les positions esthétiques du pianiste…

Mathias Heizmann (7 avril 2005)


........................................................
Nikolaï Lugansky
"Sergei Rachmaninov : Concerto pour piano N° 2 en ut mineur opus 18. Concerto N° 4 en sol mineur opus 40"
Orchestre de Birmingham dirigé par Sakari Oramo
Warner Classics
www.warnermusic.fr




Mise à jour: 24/05/05 | Retour en haut de page |

Tous les droits de reproduction et de diffusion réservés © 2008 ARTE G.E.I.E.