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A l’ombre des masques Il y a près d'un an, l'exposition "Africa Remix", au centre Pompidou à Paris, dressait un état des lieux de la création contemporaine africaine. Tourné durant la préparation de l’exposition, mais aussi dans les ateliers des artistes, au Bénin, au Sénégal et au Nigeria, ce film fait le portrait d’une nouvelle génération d'artistes. Voir l'album-photos Les extraits vidéosParis, printemps 2005. Coups de marteaux, prise de mesures, recommandations… au cinquième étage du Centre Pompidou, techniciens et artistes s'affairent. Ils mettent en place peintures, sculptures et installations vidéos, derniers préparatifs de l'exposition "Africa Remix", qui fait sa troisième escale en Europe, après Düsseldorf et Londres. Parmi eux, le sculpteur nigérian El Anatsui surveille l'accrochage d'un gigantesque drapé composé de capsules déroulées. Une œuvre qui peut se lire comme un retour à l'envoyeur, puisque, comme le raconte l'artiste, les colons européens ont importé en Afrique de nombreuses bouteilles d'alcool.Changer la boue en or Les échanges artistiques entre l'Afrique et l'Europe ne datent pas d'aujourd'hui. En 1907, Picasso découvrait l'Art Nègre qui devait durablement influencer la peinture contemporaine. En écho, l'artiste sénégalais Ndary Lo raconte comment, ébloui par l'œuvre du peintre espagnol, il a voulu les toucher et puis porter ses mains à son visage "pour établir un lien", déclenchant plusieurs fois l'alarme du tableau. Mais si au début du siècle, la création africaine se confondait avec la statuaire sacrée, ses artistes s'imposent aujourd'hui, avec des œuvres à caractère profane, plus personnelles mais toujours reliées aux réalités de ce continent. L'artiste Romuald Hazoumé s'efforce ainsi de faire le portrait du Bénin en construisant des masques à partir de bidons d'essences. En déchiffrant les inscriptions figurant sur cet objet en apparence banal, il peut retracer l'identité de son propriétaire. Le Nigérian Junkman, lui, s'inspire des gens qu'il croise tous les jours pour élaborer des junks : des sculptures composées avec des déchets, formant des silhouettes grandeur nature qu'il manipule avec amour. Beaucoup de ces créateurs cultivent l'art de la récupération. "Nous les artistes africains, on est très bons dans le "rien". Vous nous donnez de la boue et on en fait de l'or", lance Ndary Lo. A travers ces portraits d'artistes filmés dans le cadre de l'exposition et dans leur pays, ce documentaire montre les multiples facettes d'une création africaine contemporaine forte et engagée.ARTE Magazine
Yinka Shonibare, Nigéria – Royaune-Uni Hassan Musa, Soudan Guy Tillim, Afrique du Sud El Anatsui, Nigéria Samuel Fosso, République Centrafricaine Ingrid Mwangi, Kenya-Allemagne Ndary Lo, Sénégal Meschac Gaba, Cameroun Romuald Hazoumé, Bénin Barthélemy Toguo, Cameroun N’Dilo Mutima, Angola Mounir Fatmi, Maroc Marlene Dumas, Afrique du Sud Wim Botha, Afrique du Sud Cyprien Tokoudagba, Bénin Eva Obodo, Nigéria Jane Alexander, Afrique du Sud « Junkman von Africa », Nigéria
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