

de Walerian Borowczyk
(France, 1974, 1h45)
Avec Fabrice Luchini, Lisa Danvers, Paloma Picasso
Prix de l'âge d'or 1974
Un DVD 2 films édité par ARTE Vidéo
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Synopsis : Quatre contes pour évoquer le libertinage à travers les âges.
Critique: La réalisation des « Contes Immoraux » par Walerian Borowczyk et sa production par Anatole Dauman s’inscrivent dans le cadre libertin des années 70 où fleurissent une multitude de film érotiques. Dans ce domaine, le film le plus célèbre reste « Emmanuelle » de Just Jaeckin présenté en salle la même année (1974) que « Contes immoraux ». Borowczyk et Dauman revendiquent cependant des intentions artistiques d’une toute autre ampleur que celles, si tant qu’elles existent, sont prodiguées dans la déferlante d’ébats sexuels qui agitent les écrans à cette période. Ce courant certes décomplexant vaudra par ailleurs bien des désagréments à Borowczyk lui-même, qui sera très vite assimilé sans discernement à cet univers collectif débridé. Esthète émérite et artiste jusqu'au bout des ongles, Borowczyk utilise pour ses "Contes immoraux" la forme du court métrage qu’il a beaucoup exploré au travers de ses films d’animations. Tout en abordant de front la plupart des tabous sexuels, le cinéaste reconstitue différentes périodes historiques avec un souci du détail et de l’élégance à la seule exception du premier conte qui est contemporain : « La marée », tiré d’un nouvelle de André Pieyre de Mandiargues, décrit la relation d’un jeune homme (Fabrice Luchini dans son troisième film après « Le Genou de Claire » de Rohmer) avec sa cousine de vingt ans et qui sur la plage, exige d’elle une fellation en même temps qu’il lui explique le processus de la marée montante qui opère en parallèle. Borowczyk découpe avec une infinie précaution l’accélération progressive du rythme des étreintes du couple, illustre systématiquement le déchaînement des corps par l’alternance de plans de mer furieuse en action. La beauté des images de Borowczyk, loin d’annuler le potentiel érotique émet constamment des signaux poétiques parallèles tout à fait exceptionnels. Le deuxième conte met en scène une sainte du 19ème siècle, Thérèse, tenue prisonnière par sa mère transposant son amour pour Dieu dans l’acte blasphématoire d’une masturbation. Préconisant les gros plans Borowczyk s’adonne à scruter sans pudeur l’exaltation et les postures du corps comme si un état étranger s’était substitué à lui. Paloma Picasso est au centre de la troisième histoire et interprète Erzsébet Bárthory, vampire hongrois qui arrache des jeunes filles à leur vie de paysanne pour abuser d’elles dans son palais. Borowczyk décrit dans un premier temps et avec une finesse toute picturale l’ambiance d’une ferme en 1600 puis, la magnificence des intérieurs d’Erzsébet. Par endroit, lors notamment de la scène « orgiaque » où des jeunes filles se livrent au vampire et dans un "bain de sang" final, la force esthétique et émotionnelle des images rappellent celles d’un Kubrick ou d’un encore d’un Fellini. La démesure et l’application graphique font de ce conte l’un des plus accomplis du film. Enfin le quatrième et dernier chapitre dépeint la famille Borgia dans ses épanchements sexuels les plus sacrilèges et les plus ostensiblement provocateurs. Une fois encore Borowczyk porte son attention minutieuse pour le décor et les costumes dont certains rouges éclatant rappellent ceux de Pontormo. Il dessine sans vergogne la perversion de hauts commissaires du clergé sous le regard d’un christ en croix dont la mine expressive semble confondre jouissance, souffrance et dégoût. « Conte immoraux » considéré par Borowczyk comme « un sanctuaire de liberté, une île sans interdits » fut récompensé par le Prix de l’Age d’Or (Prix qui rend hommage à l'œuvre célèbre de Luis Buñuel et récompensent l’originalité, la singularité d’une œuvre s'écartant délibérément des conformismes cinématographiques) : à raison, le cinéaste d’origine polonaise signait là l’un de ses plus beaux films.Olivier Bombarda
- En savoir plus :
Walerian Borowczyk : « Simple Pornographe ou Artiste Véritable ? » par Mathieu Duval
Goto - L'île d'amour
de Walerian Borowczyk
(France, 1968, 1h33)
Avec Pierre Brasseur, Ligia Branice, Jean Pierre Andreani
Walerian Borowczyk nous transporte à Goto, île d'amour, dans un contexte historique imaginaire. Sur une île isolée, où la civilisation est arrêtée à l'année 1887, règne un roi sadique, qui sera destitué par ses sujets lors d'un complot.
Borowczyk peint un univers irréel et angoissant, où tout est disproportionné, où les accessoires et les objets deviennent des fétiches de l'amour, de la jalousie et de l'agression, où le tragique n'est jamais sans ridicule, et, où le rire se fige en grimace.
Prix Georges Sadoul 1968
Grand Prix de la confédération international des cinémas d'Art et d'Essai
- Les Bonus
- 6 cartes postales
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Contes immoraux et l'île de Goto (DVD)
film de Walerian Borowczyk
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