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Les événements qui bouleversent notre planète suscitent un nombre croissant de questions cruciales.

L'extrême-droite est de retour

Elections législatives en Autriche


Les élections législatives de dimanche changent la donne à l'intérieur de l'Assemblée. Les conservateurs et les sociaux- démocrates sont au plus bas depuis plus d'un siècle. L'extrême-droite est de retour, en fanfare. 3ème force politique du pays.

Avec 18 %, Heinz Christian Strache (FPÖ) réussit l'exploit. L'ancien allié de Jörg Haider (BZÖ) dépasse son maitre. Haider lui, jubile aussi avec 11 % des voix: "Ca montre bien que dans toute l'Autriche, il a un très net virage et que les électeurs veulent du changement et mon parti y participera." Pari gagné, les 2 partis d'extrême-droite frôlent les 30 %. Le record historique de 1999 est battu.

Les électeurs ont très clairement sanctionné les conservateurs. Leurs chef de file Wilhelm Molterer a fait exploser la coalition avec les sociaux-démocrates au début de l'été. Il a mis fin à un an et demi d'un "Je t'aime moi non plus" avec la gauche. Résultat : 25 % des voix aujourd'hui, une chute de près de 10 points.
En chute aussi la gauche justement. les sociaux-démocrates perdent 6 points en receuillant 29% des voix. Cela suffit pour sortir vainqueur et faire de Werner Fayman le potentiel nouveau chancelier. Mais ça ne suffit pas pour gouverner tout seul. Or, sociaux-démocrates et conservateurs ont déjà annoncé qu'ils ne pactiseraient pas avec l'extrême droite. Reste une solution, retenter une aventure ensemble avec une nouvelle coalition. On prend les mêmes et on recommence...

Les élections auraient dû se tenir dans deux ans mais les Autrichiens se sont rendus aux urnes dèjà ce dimanche 28 septembre, car la grande coalition qui est au gouvernement depuis octobre 2006 s’est perdue en vaines disputes au lieu de se mettre au travail.
En juillet, le parti populaire autrichien (ÖVP) et le parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ) avaient demandé le divorce politique. La campagne électorale était courte, mais pas plus intense pour autant. Au contraire, il semblait que les partis soient désespérément à la recherche de sujets politiques porteurs.

Ce n'était pas une tâche facile, car l’Autriche bénéficie d’une forte croissance économique et son marché de l’emploi connaît une stabilité inégalée depuis bien longtemps. Et pourtant, la population vit dans la peur. Ces craintes sont souvent infondées, mais exacerbées par certains partis. Prenons les étrangers : de nombreux Autrichiens redoutent une vague d’immigration alors que leur pays aurait besoin d’une immigration plus forte pour compenser le recul du taux de natalité. Prenons un autre exemple, l’Europe : les Autrichiens sont nombreux à critiquer ce qu’ils appellent une mainmise de Bruxelles, alors qu’en réalité, leur pays profite bien plus de son appartenance à l’UE que la plupart des Etats d’Europe de l’Ouest. Près de 70 % des Autrichiens redoutent que la cherté de la vie n’entraîne une baisse de leur standing. De l’avis de plusieurs experts, cette crainte est elle aussi exagérée.

Et pourtant, ce sont de ces angoisses que se nourrit la campagne électorale qui tend à verser dans le populisme. Le parti autrichien de la liberté (FPÖ), ancré à l’extrême-droite, a notamment proposé de ne pas attribuer de logements sociaux aux étrangers. Pour leur part, les sociaux-démocrates font miroiter des mesures sociales tous azimuts : allégements fiscaux, hausse des retraites et suppression des droits d’inscription à l’université.

Les partis ne se sont pas démarqués les uns des autres, au grand dam de l’électorat. A une semaine du scrutin, seule la moitié des électeurs savait quelle case cocher sur le bulletin de vote. Mais la plupart d’entre eux étaient farouchement opposés à une grande coalition. Les partis populaires aveient donc du fil à retordre cette fois-ci. D’après les derniers sondages, ni le SPÖ ni l’ÖVP ne pouvaient espérer dépasser la barre magique des 30 %. On parlait déjà de multipartisme à l’italienne. Il est vrai que les alliances les plus inattendues semblaient possibles, comme les conservateurs avec les Verts et les Libéraux, ou un gouvernement communiste minoritaire qui s’appuierait tantôt sur les voix de la droite, tantôt sur celles de la gauche.
Ou retour à la case départ, à savoir une grande coalition !







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Edité le : 25-09-08
Dernière mise à jour le : 01-10-08

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