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Les reportagesMercredi 19 avril 2006
Elections à la Nouvelle Orléans de Philippe Lagnier - ARTE GEIE / Agence Capa – France 2006 ![]() ![]() Nouvelle-Orléans, 8 mois après le passage de l’ouragan Katrina : seuls 1/3 des habitants sont revenus s’installer. Les autres, des Noirs, pauvres pour la plupart, sont toujours évacués dans les Etats voisins. Ils attendent que la ville se reconstruise.Mais à la Nouvelle-Orléans, des quartiers entiers sont encore dévastés. Des quartiers où les rumeurs bruissent, entre voisins : l ville ne sera plus jamais comme avant dit-on, les pauvres, noirs en majorité, n’auront plus leur place : destruction des quartiers populaires, spéculation immobilière… Certaines études sont très pessimistes : 80% des Noirs pourraient ne pas revenir, par manque d’argent. La ville pourrait alors changer de couleur : avant Katrina, la Nouvelle-Orléans était afro-américaine aux deux tiers. La communauté noire est inquiète. Certains habitants font de la résistance. Regroupés en association, ils tentent de sauver leur quartier, font du lobbying auprès des autorités. D’autres utilisent la musique pour faire renaître la ville. Phil Frazier, leader d’un des plus fameux Brass Band de la ville, est à la pointe du combat. Chaque dimanche, il ressuscite avec son orchestre les parades pour la communauté noire. Et dans la semaine, il sillonne les quartiers épargnés par les inondations à la recherche de logements pour ses musiciens encore réfugiés ailleurs, dans les Etats voisins. Le maire de la Nouvelle-Orléans lui veut croire à la renaissance de sa ville. La campagne électorale bat son plein. Il n’y a jamais eu autant de concurrents blancs qui tentent leur chance. Pour la plupart des candidats, Katrina, c’est l’occasion de faire peau neuve pour la ville. Minée autrefois par la criminalité, le trafic de drogue, la Nouvelle-Orléans pourrait se trouver enfin nettoyée… Chine : le risque internet de Antoine Dumoulin – ARTE GEIE - France 2006 ![]() ![]() En Chine, l'internet est censuré, verrouillé. Instrumentalisé par le pouvoir. Impossible de se connecter sur des sites qui critiquent le régime.Mais désormais, le contrôle va plus loin. La police chinoise est capable de savoir qui écrit quoi sur internet, dans un mail, sur un forum. Capable de remonter à l'auteur, de l'arrêter à son domicile, d'humilier sa famille. Même lorsque l'internaute utilise les services d'un site étranger. Yahoo, l'une des grandes stars américaines de l'internet, a ainsi décidé de travailler main dans la main avec la police chinoise. Sur simple requête, l'entreprise fournit toutes les coordonnées de ses clients. Tout leur historique sur internet. Une équipe d’ARTE Reportage a rencontré une famille chinoise qui, touchée par la dénonciation de Yahoo, a décidé de briser le silence. Et nous apprenons que des dizaines d'autres Chinois ont été envoyés en prison par l'entreprise américaine. Un géant de l'internet, autrefois champion de la liberté, est aujourd'hui le complice d'une dictature. Afghan Star : graines de stars à Kaboul De Célia Mercier , Karim Amin et Armand Bernardi ARTE GEIE -/ JIGSAW Company – France 2006 ![]() ![]() Lancer une « Nouvelle Star » en Afghanistan : c’est la chaîne Tolo TV qui a osé l’aventure, avec son émission « Afghan Star ». Le concept de reality show occidental, repris par cette chaîne afghane dynamique et audacieuse, a remporté un grand succès dans un pays musulman très conservateur. Du moins pour la minorité de la population qui a accès a la télévision, alors que le pays est encore en ruines. L’engouement suscité par ce concours de chant, qui offrait son quart d‘heure de gloire à chaque candidat, révèle à quel point la jeunesse afghane urbaine est avide de divertissements. Pour cette génération née avec la guerre, la vie quotidienne reste très dure et l’avenir incertain. Mais même à Kaboul, on peut bien rêver de devenir une vedette. Les promoteurs de cette émission, vendeurs d’illusions, ont su tirer profit de la recette miracle du « star system » et de la passion des Afghans pour la musique. Derrière le phénomène médiatique, les drames du pays se rejouent en coulisse : les tensions ethniques et religieuses ont gâché le show. Le sponsor de l’émission, la compagnie de téléphonie mobile numéro 1 du pays, est soupçonné de fraudes, car le gagnant appartient à la minorité chiite, tout comme le propriétaire de cette entreprise. Et les femmes qui osent braver les traditions, en s’exposant à la télévision, mettent leur honneur en jeu. Mais le robinet médiatique est ouvert, avec l’accès au câble et aux innombrables CD pirates que l’ont trouve dans tous les bazars. La course à l’audience semble désormais irréversible…
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