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Vers un renouveau politique en Italie ? | Les résultats du Quiz | Le règlement du Quiz

N° 15/2008 - Semaine du 10 au 16 avril 2008

Vers un renouveau politique en Italie ?



Élections législatives et sénatoriales les 13 et 14 avril 2008

Les 13 et 14 avril, les Italiens sont appelés aux urnes pour renouveler les deux chambres de leur Parlement et élire leur 62e gouvernement en soixante-trois ans. Un scrutin à l’issue incertaine dans un pays en plein doute.

POLITIQUE



Le gouvernement de Romano Prodi n’aura duré que 650 jours, soit trois semaines de moins que celui de Silvio Berlusconi entre 1994 et 1996. C’est le plus éphémère de toute l’histoire de la République italienne. Arrivée au pouvoir en 2006 avec moins de 25 000 voix d’avance sur la Maison des libertés de S. Berlusconi, l’Union – la coalition dirigée par R. Prodi – ne disposait que d’une courte majorité de deux voix au Sénat. Une majorité qui lui a fait défaut lors d’un vote de confiance, le 24 janvier, une semaine après la démission du ministre de la Justice, Clemente Mastella, le leader soupçonné de corruption de Udeur, un parti centriste membre de la coalition. Épuisé par vingt-et-un mois de négociations et de compromis pour sauver sa fragile majorité – le gouvernement Prodi comptait 102 membres issus de dix partis politiques – celui que l’on surnomme « il Professore » a décidé de jeter l‘éponge. « Je quitte la politique. Mon avenir est serein. Le monde est plein d’opportunités » a déclaré R. Prodi le 9 mars dernier, ajoutant « J’ai décidé de ne pas être candidat pour ouvrir la voie à un changement de génération qui est nécessaire. Quelqu’un doit donner l’exemple. »

Et ce « quelqu’un » se nomme Walter Veltroni. Âgé de 53 ans, le très populaire maire de Rome a décidé de se lancer dans la bataille. Tournant le dos à la mode des alliances qui depuis une quinzaine d’années se sont partagé le pouvoir en Italie, il se présente aux élections « seul mais libre », à la tête du Parti démocrate (PD), qui réunit les anciens communistes des Démocrates de gauche (DS) et les démocrates chrétiens de la Marguerite. Il l’a promis : c’en est fini de la « dictature des minorités » ; « avec le PD, il y aura un parti, un gouvernement, un leader. ». Une perspective qui semble plaire à une opinion publique lassée des crises politiciennes que traverse le pays depuis des décennies. Se présentant comme le candidat de la rupture, « Super Walter », comme le nomment les médias, propose un programme en dix points pour « changer l’Italie ». Il promet notamment une baisse des impôts (leurs hausses expliquent en grande partie l’impopularité du gouvernement Prodi) et une augmentation de la croissance alors que l’Italie connaît l’un des taux les plus faibles de l’Union européenne (0,6 % prévu pour 2008).

Face à celui qui souhaite incarner le renouveau politique italien : Silvio Berlusconi, 71 ans. Le « Cavaliere », dont c’est la cinquième campagne électorale, a été contraint de revoir sa stratégie électorale. Prenant modèle sur son adversaire, il a invité ses alliés traditionnels à se fondre dans un parti unique, le Peuple de la liberté (PDL), aux côtés des membres de Forza Italia, le parti qu’il avait créé en 1994. Certains ont sèchement refusé la proposition, comme Pier Fernandino Casini, le patron de l’Union des démocrates chrétiens et du centre (UDC) : « Après 14 ans de collaboration, je veux dire une chose très simple à Silvio Berlusconi : en, Italie, tout le monde n’est pas à vendre. » S. Berlusconi a eu plus de succès avec ses partenaires de droite, et notamment ceux de l’Alliance nationale (AN) de Gianfranco Fini et ceux de la Ligue du nord (LN), le parti anti-européen et xénophobe d’Umberto Bossi. La campagne de S. Berlusconi repose sur les thèmes habituels de la droite comme la sécurité et l’immigration. La perspective du rachat de la compagnie aérienne Alitalia par le groupe Air France-KLM lui a par ailleurs fourni une occasion en or d’exalter les sentiments nationalistes d’une partie de l’électorat.

L’issue du scrutin est incertaine, même si les sondages donnent une légère avance à S. Berlusconi. Les programmes des deux candidats sont, aux yeux des experts, trop proches pour départager les nombreux indécis. À deux semaines du vote, ces derniers représenteraient encore un quart des électeurs. Des indécis, mais surtout des citoyens qui ont perdu toute confiance dans l’État et dans la classe politique. Dans un pays miné par le clientélisme, la corruption, l’inefficacité de l’État et l’évasion fiscale, l’abstention pourrait bien être, les 13 et 14 avril, la grande gagnante des élections.

Ingrid Bellot

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  • Dernière minute : le renouveau attendra !
    Le Peuple de la liberté a obtenu plus de 45,5 % des voix à la Chambre des députés et 45,6 % des voix au Sénat. Le Parti démocrate obtient lui 38,8 % des voix dans les deux chambres. Silvio Berlusconi devient président du Conseil italien pour la troisième fois.



Mise à jour: 15/04/08 | Retour en haut de page |

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