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ars electronica 2005
ars electronica 2005
Hybrid - Living in Paradox
du 01 au 06 septembre
à Linz (Autriche)
>> Le site officiel

ars electronica 05
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Des blattes font office de pilotes high-tech

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Ars Electronica 2005 - "Hybrid - Living in Paradox"

Créatures hybrides : des blattes font office de pilotes high-tech



La biorobotique est actuellement un des domaines d’activité préférés des cyberbricoleurs : les uns construisent des ensembles hybrides où des êtres vivants, le plus souvent des insectes, interagissent avec des systèmes mécaniques, d’autres reproduisent les modèles comportementaux d’êtres vivants dits primitifs. Le Canadien Garnet Hertz a présenté son Cockroach Controlled Mobile Robot #2 à l’édition 2005 d’Ars Electronica.


Le biorobot de Garnet Hertz utilise les mouvements d’une blatte géante de Madagascar (Gromphadorhina portentosa), de huit centimètres de long, pour propulser un tricycle par le biais d’un système mécanique. Pour faire rouler ce carrosse métallique auquel elle est attelée, la blatte marche sur une balle de ping-pong fixe qui fait office de « boule de commande ». Des capteurs électroniques analysent la direction du déplacement de la blatte et la transmettent aux servomoteurs ; ainsi, le robot avance dans le sens pris par l’animal, et lui sert de facto de prothèse. Afin d'éviter que le « pilote » ne fonce dans un mur ou ne se heurte à des obstacles, Garnet Hertz a construit un système d’alarme optique : « les blattes détestent la lumière. Il suffit d’entrer la nuit dans la cuisine et d’allumer pour qu’elles se réfugient sous le frigo », nous apprend notre Canadien. Il a donc fixé tout autour de la balle de ping-pong des diodes qui s’éclairent à l’approche d’un objet infranchissable, supposant que la bestiole continuera de trotter jusqu’à ce que le robot soit sorti de l’impasse, ce qui sera signalé au « pilote » par l’extinction des diodes.

Garnet Hertz ne conçoit son Cockroach Controlled Mobile Robot #2 ni comme un pur objet d’art ni comme un projet scientifique. C’est un hybride transdisciplinaire qui pose la question de la problématique des relations homme-animal que deux siècles de technologies ont bouleversé : du système symbiotique de la ferme, qui reposait sur le profit mutuel, nous sommes passés à une instrumentalisation sans limite du monde animal qui se manifeste par l’élevage industriel, le recours massif à des animaux de laboratoire dans la recherche scientifique et la modification génétique des organismes. Et souvent, les hypothèses dans le champ de la biorobotique se contentent du concept cartésien de l’animal-machine qui ne fait rien d’autre que de réagir aux stimuli, végétant ainsi hors de toute intelligence et de toute émotion. « La blatte est volontiers étudiée dans les domaines de la recherche neuronale et des comportements adaptifs » déclare Garnet Hertz.

De ce point de vue, il n’est pas sans ironie que ce soit précisément une blatte qui pilote son robot : ce n'est plus très clair si c'est l’insecte qui maîtrise la machine ou l’inverse ! Une chose seulement est sûre : la destination du voyage est inconnue.

Un autre aspect s’impose à l’observateur : on sait qu'aux Etats-Unis, toute une série de projets en matière de robotique à connotation militaire et portant sur les insectes est menée et financée par la Defense Advanced Research Projects Agency - DARPA. Ce qui fait dire à Garnet Hertz, non sans un certain cynisme, que « le jour où les robots biomimétiques mis au point par les programmes de la DARPA nous auront tous fait disparaître, la planète ne sera plus habitée que par des blattes rieuses. Et il faudra bien que ces insectes aient à leur disposition des véhicules adaptés pour rouler sur les autoroutes désertes. »

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Liens
>> GLe site officiel de Garnet Herz
>> Photos de l'exposition Ars Electronica

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Cultures Electroniques
Ars Electronica 2005
Un reportage de Jens Hauser
Septembre 2005
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Mise à jour: 04/10/05 | Retour en haut de page |

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