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La main au
feu
Landry, 10 ans :
Je vais te poser une petite question, pourquoi les animaux qui sont pas
domestiques ont peur du feu... ?
Thierry Bertrand, professeur de physique : A quoi tu vois qu'ils
ont peur ?
Landry : Ben quand y a un petit feu de bois, ça vient pas
à l'idée à un loup de se mettre à côté...
Thierry : C'est
vrai.
Landry : Alors qu'aux chiens, ça peut...
Thierry : Toi, tu as peur du feu ?
Landry : Euh, j'ai pas beaucoup peur du feu. Quoi, j'ai peur du
feu quand je m'approche trop près, mais...
Thierry : Tu vas me dire pourquoi d'ailleurs on s'approche pas
du feu ?
Landry : Ben parce que ça brûle !
Thierry : Parce que ça brûle. Bon... Les animaux,
quels qu'ils soient, je pense que c'est la même chose pour eux,
ça brûle.
Landry : Mhm.
Thierry : Maintenant, pourquoi le chien a l'air de ne pas avoir
peur du feu comme le loup, je sais pas répondre mais on peut penser
que l'animal domestique, il voit souvent le feu et donc il a une habitude.
Landry : Mais, euh, est-ce que tous les animaux qui ont peur du
feu, ont peur du feu de la même façon ?
Thierry : Les différentes façons, c'est quoi ?
Landry : Ben, je pense au chat, comme moyen de défense,
il crache
Thierry : Oui.
Landry : Crrrchhh !... Mais par contre par exemple, c'est le cheval,
des fois, il saute par-dessus le feu.
Thierry : Ce qui est difficile dans ta question c'est que... on
ne peut pas vraiment savoir ce qui se passe dans l'esprit des animaux.
On voit qu'ils s'enfuient, donc on dit : "ils ont peur". C'est pas quelque
chose qui est très scientifique, c'est une interprétation
que toi tu as. Ce qui est certain, c'est qu'ils n'ont pas envie d'être
brûlés. Comment tu expliques, toi, la sensation de brûlure
?
Landry : Ben, par exemple t'as plusieurs brûlures, brûlure
au premier degré, brûlure au deuxième degré,
brûlure au troisième degré. Des fois ça peut
te faire juste une cloque, ça peut t'enlever la peau. Tu peux te
brûler de froid et tu peux te brûler de chaud...
Thierry : C'est vrai que sur la peau, tu as les mêmes effets
qui sont provoqués par un froid très intense que par une
brûlure trés intense, à savoir en fait c'est la destruction
de la peau. Simplement, comme aujourd'hui on parle de la chaleur, je vais
pas rentrer plus dans l'explication pour la brûlure de froid. Tu
fais du vélo ?
Landry : Ouais...
Thierry : Tu te sers de ta pompe à vélo de temps
en temps.
Landry : Ben oui, pour gonfler mes pneus.
Thierry : Si tu bouches la pompe
Landry : Oui
Thierry : Tu actionnes
Landry : Oui
Thierry : Plusieurs fois de suite le bout de la pompe et quand
tu le touches
Landry : Il est chaud.
Thierry : Il est plus chaud.
Landry : Peut-être que l'air qui arrivait dans la pompe à
vélo, c'était bouché
Thierry : Oui.
Landry : Donc elle s'entassait un peu, et elle chauffait.
Thierry : Alors, tu sais ce qu'il y a dans l'air ?
Landry : C'est des microbes !
Thierry : Oui, y a des microbes, effectivement dans l'air !
Landry : Heureusement !
Thierry : L'essentiel de la constitution de l'air. Oui, heureusement
! Si on prend un système qui grossit, grossit, grossit, on peut
distinguer, à l'intérieur de l'air, différents petits
grains de matière : y en a qui s'appellent oxygène, d'autres
qui s'appellent azote, et tout ça, ça n'arrête pas
de bouger en permanence. Je pousse le piston de ma pompe à vélo,
les petites particules qui sont à l'intérieur vont être
propulsées les unes contre les autres donc elles vont rebondir
sur les parois.
Landry : Comme un choc de voitures, quoi
Thierry : Oui, c'est une collision !
Landry : Oui.
Thierry : Je mets la main, je sens que c'est chaud : c'est parce
que à l'intérieur de la pompe à vélo, toutes
les petites particules qui constituent l'air, se sont mises à bouger
de façon plus importante, que le désordre est plus important.
Landry : Mais ce qui est chaud, c'est l'air qui sort, ou c'est
la poignée ?
Thierry : Oui, ben, ça, c'est effectivement, le corps de
la pompe est devenu plus chaud parce que l'air qui est à l'intérieur
lui-même est plus chaud. Et au-delà de la pompe y a ta main,
qui tient la pompe, et c'est ta main qui a dit que c'était chaud.
Les petites particules qui constituent le corps de ta pompe, qui ont été
percutées, elles vont à leur tour aller percuter toute la
matière qui constitue ta main.
Landry : Ouais, d'abord la peau, après les veines, et le
sang, les petits os, tout ça...
Thierry : Ouais... Alors, ça va pas aller jusqu'à
l'intérieur. La surface de ta peau va sentir des millions -enfin
tu sais pas qu'y en a des millions, hein- mais des millions de petits
chocs et la brûlure, c'est quand y a vraiment beaucoup de chocs
et beaucoup de chocs qui sont violents. A ce moment-là à
la surface de ta peau, eh ben tes nerfs qui transmettent ça à
ton cerveau, ils trouvent que ça fait beaucoup, quoi, et que, ça
devient vraiment douloureux. Comme si tu recevais par exemple un caillou
sur le pied, là tu reçois des millions de petits cailloux
du corps qui est très chaud, sur la surface de ta peau et ça
peut faire très, très mal.
Landry : Pourtant, y a des gens qui brûlent quand ils sont
au soleil, ça fait des coups de soleil, et pourtant on le touche
pas le soleil...
Thierry : Mais tu as parfaitement raison. Il n'est pas nécessaire
qu'il y ait un contact pour qu'on éprouve une sensation de chaleur.
Donc l'autre explication c'est que le soleil envoie, tout autour de lui,
un rayonnement, une lumière, qui n'est pas visible.
Landry : L'infrarouge...
Thierry : Là, y a le rayonnement infrarouge, l'ultraviolet
Landry : L'ultraviolet !
Thierry : Voilà, peuvent être responsables également
de la sensation de chaleur. Tu la sens parce que quand ça arrive
au niveau de ta peau, ça fait exactement le même effet que
les chocs qu'on avait vus tout à l'heure, hein. Ce qui est important
c'est qu'au bout du compte, c'est toujours une histoire d'augmentation
de l'agitation, du désordre, qui est provoqué à la
surface de ta peau.
Landry : Le désordre, c'est pas spécialement chaud,
parce que... quand ma chambre elle est... en désordre, elle est
pas forcément plus chaude que quand elle est rangée ! Heureusement,
sinon ça serait une fournaise là-dedans !
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