
|
|

|
- Raymond
Isidore,
dit Picassiette (1900-1964)
" Né à Chartres, Raymond Isidore y passe toute
sa vie. En 1929, il achète une parcelle près
de l'actuelle rue du Repos et commence la construction de
sa maison l'année suivante. C'est là qu'il
vit avec sa femme Adrienne Dousset, de onze ans son aînée
et déjà mère de trois enfants.
En 1938, l'idée lui vient de décorer ce lieu
ainsi que les objets usuels qu'il contient. Il recouvre
alors l'ensemble de l'habitation de morceaux de vaisselle
et de verres multicolores qu'il cherche dans les décharges
publiques. Il exerce en même temps différents
petits métiers et est notamment balayeur au cimetière
Saint-Chéron jusqu'à la fin de sa vie. Il
décède le 7 septembre 1964 sans avoir pu achever
son uvre.
Le
décor de la maison Picassiette
Les mosaïques et les peintures
murales de la maison Picassiette, à la fois spontanées
et complexes, rendent compte des idées et des croyances
de leur auteur, autodidacte à l'imaginaire très
riche. De nombreux thèmes s'y côtoient ou s'entremêlent
: l'attachement à sa ville représentée
par la cathédrale ou la Porte Guillaume mais aussi
l'ouverture sur le monde à travers pagodes, cathédrales
ou Palais des Mille et une Nuits ; la religion, très
syncrétique, mêlant des éléments
chrétiens et des symboles cosmiques ; la vie et la
mort figurées par un riche répertoire de sujets
et de motifs et par un symbolisme très fort des couleurs.
L'importance et la qualité de ce décor réalisé
pendant un quart de siècle par un homme sans formation
ni culture artistique font de la maison Picassiette une
des plus belles expressions de l'art brut. "
(Texte établi en collaboration avec le Musée
des Beaux-Arts de Chartres)
|
|
- Ferdinand
Cheval,
dit le Facteur Cheval (1836-1924)
" (...) Facteur des postes à
Hauterives (Drôme), Ferdinand Cheval avait quarante
ans lorsqu'il commença à ramasser des pierres
dans sa tournée quotidienne de 32 kilomètres.
Pendant vingt-sept ans, il accumulera dans son jardin des
cailloux qu'il maçonnera en "temple de la nature",
puis en "palais idéal". Il est intéressant
de constater que l'architecture inventée par la facteur
Cheval est en parfaite contradiction avec l'architecture
technologique de son temps, vouée au métal,
à l'angle droit. Rêve d'un homme du peuple,
au début de la IIIème République, Cheval
nous dit qu'en marchant pour distribuer les lettres il projetait
de construire "un palais féerique, dépassant
l'imagination, tout ce que le génie d'un humble peut
concevoir... cherchant à faire renaître toutes
les anciennes architectures des temps primitifs". (...)
Entré de son vivant dans la légende archi-photographié
devant son Palais, coiffé pour la circonstance de
son képi de facteur, Cheval était devenu le
gardien de musée de son propre tombeau et son autobiographie
s'ouvrait par ces mots : "Fils de paysan, paysan, je
veux vivre et mourir pour prouver que dans ma catégorie
il y aussi des hommes de génie et d'énergie.""
(extrait de Du côté de l'Art Brut, Michel Ragon,
Albin Michel)
|
| |
>Jean
Dubuffet, Fleury Joseph Crépin,
Gaston Chaissac, Pierre
Avezard,
|
|
|