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20 mars 1998

Jean Louis Aubert

En France, contrairement à Prince, Jean Louis Aubert fait toujours confiance à sa maison de disques pour vendre ses productions et il est l’initiateur de son propre site où l’interview qu’il a donné à Tracks a été retransmise en direct.

http://www.jeanlouisaubert.tm.fr

JL Aubert: Notre site c’est un peu notre télé pirate. Quand il y a des répétitions, 100 personnes se connectent. Ce que j’aime dans le real vidéo, c’est que malgré la mauvaise qualité des images et du son, quand j’arrive à capturer quelque chose en live, j’ai l’impression d’être seul au monde avec les gens qui émettent.

Et puis l’internet c’est marrant, parce que pour l’instant nous en sommes encore au tout début, c’est comparable à une traban, ça traîne, ça ne marche pas. Parfois lorsque l’on envoie des morceaux, le son est complètement pourri, c’est sympa, on devient moins timide, on se dit que si c’est pourri, c’est pas forcément de notre faute...

Puis l’internet est voué à se développer et les artistes aussi, ils ne seront plus uniquement musiciens, ils feront aussi du " multimédia "...On ne peut plus avoir cette différence clip/chanson où le musicien fait la chanson et quelqu’un d’autre met des images par dessus. Je trouverais ça plus normal qu’on ait chacun notre caméra pour se filmer soi-même ou entre nous.

Et puis l’ordinateur ça permet de faire plein de choses avec peu de moyens. Tous les rappeurs qui travaillent sur leurs ordinateurs ne pourraient sûrement pas se payer des accès aux studios à 15000 francs par jour. Cependant l’ordinateur ne résout pas tout, on quand même toujours besoin de gros studios avec des gros micros pour enregistrer des guitares acoustiques. Mais les deux vont bien ensemble. On a fait le tour des choses essentiellement mécaniques, il est maintenant nécessaire de rajouter des morceaux live ou enregistrées pour faire un tout.

De nos jours ce n’est pas comme quand nous avons commencés il y a 25 ans. Maintenant il y a cet esprit un peu aventurier qui veut que l’on pêche des sons à droite à gauche et qu’on les remixe, j’aime bien.